Analyse

Wembanyama réalise une Finale historique… mais les Spurs sont menés 0-2

Face aux Knicks, Wemby aligne des lignes statistiques que seuls Shaq et Hakeem ont égalées en Finale depuis 1984. Le problème, c'est que San Antonio perd quand même.

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Wembanyama réalise une Finale historique… mais les Spurs sont menés 0-2
Photo: Frenchieinportland / Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Difficile d’expliquer la situation de Victor Wembanyama. Les Spurs sont dos au mur, menés 0-2 avant le Game 3 ce soir à Madison Square Garden. Et Wemby, lui, est en train de disputer l’une des Finales les plus dominantes jamais produites par un joueur de 22 ans.

Game 1 : 26 points (dont 12 sur lancers-francs), 12 rebonds, 3 contres en 38 minutes. Game 2 : 29 points, 9 rebonds, 4 contres en 40 minutes. Ses moyennes sur les deux matchs – 27,5 points, 10,5 rebonds, 3,5 contres – le placent dans une catégorie très restreinte. Selon les données Stathead, seuls deux joueurs depuis 1983-84 ont affiché ces totaux sur n’importe quelle fenêtre de deux matchs en Finale : Shaquille O’Neal en 2001 et Hakeem Olajuwon en 1994. Ces deux-là avaient gagné le titre cette année-là.

Le Français avait aussi remporté le titre de MVP de la Conférence Ouest, après des Finales de Conférence à 27,3 points, 10,9 rebonds, 3,1 passes et 2,7 contres en sept matchs contre Oklahoma City. Sur le papier, c’est le meilleur joueur de cette série. Le problème, c’est que les Knicks, eux, ne regardent pas le papier.

Karl-Anthony Towns, la variable que Wemby ne contrôle pas

Karl-Anthony Towns (18 points, 12 rebonds au Game 1 ; 21 points, 13 rebonds au Game 2) a été décisif là où ça compte. New York a gagné le Game 1 de dix points, puis le Game 2 d’un seul point après une bévue de Wembanyama en fin de match. La franchise de Big Apple avance sur une série de 13 victoires consécutives en playoffs, portée par une défense de rang mondial et par un Jalen Brunson infaillible dans les moments chauds.

Ce que dit l’histoire sur un déficit 0-2

Personne n’a jamais remonté un retard 0-3 en Finale. Les remontées depuis 0-2 existent, mais elles restent rarissimes – cinq cas dans toute l’histoire des Finals. Pour une équipe de San Antonio déjà désignée comme la plus jeune à atteindre ce stade depuis des décennies, la pente est raide.

Ce soir à Madison Square Garden, le contexte sera inédit : une salle en fusion, des tribunes historiques, et la pression d’une ville qui attend son premier titre depuis 1973. Des rapports signalent qu’un président américain en exercice sera dans les tribunes. Rien de tout ça ne change les chiffres.

Ce que ces deux matchs ont déjà prouvé – quelle que soit la suite – c’est que Wemby s’inscrit dans une ligne qui va de Kareem à Shaq en passant par Hakeem. C’est juste que le calendrier, lui, est cruel.

Sources : NBA.com, StatMuse, ESPN
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